Le barème kilométrique 2026 vient d’être officiellement revalorisé par l’administration fiscale française. Avec une hausse de 8 % par rapport à l’année précédente, cette mise à jour impacte directement les salariés utilisant leur véhicule personnel à des fins professionnelles, ainsi que les travailleurs indépendants qui optent pour la déduction des frais réels. Voici tout ce que vous devez savoir pour calculer vos indemnités kilométriques et optimiser votre déclaration.
Barème kilométrique 2026 : qu’est-ce qui change ?
Chaque année, l’administration fiscale publie un barème kilométrique officiel permettant de calculer les frais de déplacement professionnels des contribuables qui choisissent de déduire leurs frais réels plutôt que d’appliquer la déduction forfaitaire de 10 %. Pour 2026, le barème a été revalorisé de 8 %, une augmentation significative qui reflète la hausse du coût des carburants, de l’assurance automobile et des frais d’entretien des véhicules.
Cette revalorisation s’applique à tous les types de véhicules : voitures particulières, deux-roues motorisés (motos et scooters) et cyclomoteurs. Elle bénéficie autant aux salariés remboursés par leur employeur qu’aux indépendants et professions libérales qui déclarent leurs déplacements à l’impôt sur le revenu.
Nouveau barème kilométrique 2026 : les taux par puissance fiscale
Le barème est calculé en fonction de la puissance fiscale du véhicule (en chevaux fiscaux, notés CV) et de la distance parcourue annuellement. Plus le véhicule est puissant et la distance importante, plus le montant de l’indemnité est élevé.
Voitures
| Puissance fiscale | Jusqu’à 5 000 km | De 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|—|—|—|—|
| 3 CV et moins | d × 0,529 | (d × 0,316) + 1 065 | d × 0,370 |
| 4 CV | d × 0,606 | (d × 0,340) + 1 330 | d × 0,407 |
| 5 CV | d × 0,636 | (d × 0,357) + 1 395 | d × 0,427 |
| 6 CV | d × 0,665 | (d × 0,374) + 1 457 | d × 0,447 |
| 7 CV et plus | d × 0,697 | (d × 0,394) + 1 515 | d × 0,470 |
d = distance parcourue en kilomètres
Deux-roues motorisés (de plus de 50 cm³)
| Puissance | Jusqu’à 3 000 km | De 3 001 à 6 000 km | Au-delà de 6 000 km |
|—|—|—|—|
| 1 ou 2 CV | d × 0,395 | (d × 0,099) + 891 | d × 0,248 |
| 3, 4, 5 CV | d × 0,468 | (d × 0,082) + 1 158 | d × 0,275 |
| Plus de 5 CV | d × 0,606 | (d × 0,079) + 1 582 | d × 0,343 |
Cyclomoteurs (50 cm³ ou moins)
| Kilométrage | Formule |
|—|—|
| Jusqu’à 3 000 km | d × 0,315 |
| De 3 001 à 6 000 km | (d × 0,079) + 711 |
| Au-delà de 6 000 km | d × 0,198 |
Comment calculer vos indemnités kilométriques en 2026 ?
Le calcul est simple une fois que vous disposez des données suivantes : la puissance fiscale de votre véhicule (indiquée sur votre carte grise, case P6) et la distance totale parcourue dans l’année à des fins professionnelles.
Exemple concret :
Vous utilisez une voiture de 5 CV pour vos déplacements professionnels et parcourez 8 000 km dans l’année.
Vous vous situez dans la tranche intermédiaire (5 001 à 20 000 km) pour 5 CV.
Le calcul est : (8 000 × 0,357) + 1 395 = 2 856 + 1 395 = 4 251 €
C’est le montant déductible de votre revenu imposable, ou le montant que votre employeur peut vous rembourser en franchise d’impôt et de cotisations sociales.
Qui peut bénéficier du remboursement kilométrique 2026 ?
Les salariés
Les salariés qui utilisent leur propre véhicule pour effectuer des trajets professionnels (visites clients, déplacements entre sites, missions terrain) peuvent bénéficier du remboursement de leurs frais kilométriques. Ces indemnités versées par l’employeur dans la limite du barème fiscal sont exonérées d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales.
Si l’employeur ne rembourse pas ou rembourse insuffisamment, le salarié peut opter pour la déduction des frais réels dans sa déclaration de revenus et utiliser ce même barème.
Les travailleurs indépendants et professions libérales
Les travailleurs non salariés (TNS), gérants de société, professions libérales et auto-entrepreneurs peuvent intégrer leurs frais de déplacement dans leurs charges déductibles, sous réserve de justifier le caractère professionnel des trajets. Ils peuvent utiliser le barème kilométrique comme base de calcul ou déduire les frais réels effectifs.
Les exploitants agricoles
Les exploitants agricoles soumis au régime réel peuvent également utiliser le barème kilométrique pour valoriser leurs déplacements professionnels liés à l’exploitation.
Impact concret de la hausse de 8 % pour les contribuables
Une revalorisation de 8 % n’est pas anodine. Pour un salarié parcourant 15 000 km professionnels par an avec une voiture de 6 CV, la déduction passe de 5 600 € environ à plus de 6 000 €, soit une économie fiscale supplémentaire de l’ordre de 100 à 200 € selon la tranche marginale d’imposition.
Pour les employeurs, cette hausse du barème fiscal leur permet d’augmenter le remboursement kilométrique accordé aux collaborateurs sans que cela génère de charges sociales supplémentaires, dans la mesure où les remboursements restent dans la limite du barème officiel.
Comment déclarer vos frais kilométriques ?
Pour les salariés (déduction des frais réels)
Dans votre déclaration de revenus (formulaire 2042), vous devez :
1. Cocher la case correspondant aux frais réels dans la rubrique Traitements et salaires
2. Déduire le montant calculé selon le barème de votre revenu brut imposable
3. Conserver tous les justificatifs de vos déplacements : agendas, bons de commande, relevés clients, factures
4. En cas de contrôle, présenter un journal de bord détaillant les dates, destinations et motifs professionnels de chaque trajet
Pour les travailleurs indépendants
Les indépendants déclarent leurs frais kilométriques dans leurs charges professionnelles (déclaration 2035 pour les BNC, 2031 pour les BIC). Le même barème s’applique, avec obligation de tenir un journal de bord précis.
Conseils pratiques pour optimiser vos remboursements kilométriques
Tenez un journal de bord rigoureux. C’est votre principale protection en cas de contrôle fiscal. Notez chaque déplacement professionnel : date, point de départ, destination, objet du trajet, kilométrage.
Calculez la tranche la plus avantageuse. Selon votre kilométrage annuel, une tranche du barème peut être plus favorable. Dans certains cas, le recours aux frais réels détaillés (carburant, assurance, entretien, amortissement) peut s’avérer plus avantageux que le barème forfaitaire.
Utilisez les outils numériques. De nombreuses applications professionnelles permettent de géolocaliser automatiquement vos déplacements et de générer des rapports conformes aux exigences de l’administration fiscale, ce qui simplifie considérablement la justification en cas de contrôle.
Vérifiez votre politique employeur. Certains employeurs utilisent leur propre barème de remboursement kilométrique, parfois inférieur au barème fiscal. Dans ce cas, vous pouvez déduire la différence dans le cadre des frais réels, à condition que les conditions de déduction soient remplies.
Ce que retenir du barème kilométrique 2026
La revalorisation de 8 % du barème kilométrique 2026 est une bonne nouvelle pour tous ceux qui utilisent leur véhicule personnel à des fins professionnelles. Elle permet de mieux couvrir les coûts réels de déplacement dans un contexte où les charges liées à l’automobile restent élevées. Veillez à bien conserver l’ensemble de vos justificatifs et à calculer précisément vos indemnités kilométriques pour en tirer le meilleur parti fiscal.
En cas de doute sur l’application du barème à votre situation spécifique, il est recommandé de consulter un expert-comptable ou un conseiller fiscal qui pourra optimiser votre déclaration en toute conformité.
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